Gingivite et stomatite du chat : repérer les signes et suivre au quotidien
L'inflammation de la bouche est douloureuse et évolue par phases : ce qui aide vraiment votre vétérinaire, c'est un relevé précis de l'appétit, du poids, de la salivation et des traitements. Voici quoi observer et comment le noter.
⚠️ Suivi, pas diagnostic
Pawtoun est un carnet de suivi : il ne pose aucun diagnostic et ne remplace jamais l'examen de la bouche par un vétérinaire, seul capable d'identifier une gingivite, une stomatite ou une autre cause et d'adapter le traitement. Un chat qui ne mange plus, bave abondamment ou saigne de la bouche doit être vu rapidement ; en cas de doute, appelez votre vétérinaire immédiatement.
Les signes que l'on remarque en premier
La gingivite se traduit souvent par un liseré rouge et gonflé le long des dents ; la stomatite, plus étendue, touche aussi les joues et le fond de la gorge. Mais ce que les propriétaires voient d'abord, c'est rarement la bouche :
- une haleine très forte, différente de d'habitude ;
- une salivation abondante, un menton mouillé, parfois teinté ;
- un chat qui s'approche de la gamelle, miaule, puis repart sans manger ;
- des croquettes recrachées entières ou un basculement soudain vers la pâtée ;
- un pelage terne et emmêlé, car le toilettage devient douloureux ;
- une patte portée à la bouche, ou un mouvement de tête en mâchant.
Aucun de ces signes ne suffit à nommer l'affection : c'est le vétérinaire qui la reconnaît en examinant la bouche (dans environ 85 % des cas selon Cornell), une biopsie étant parfois nécessaire. Notez la date d'apparition de chacun, c'est cette chronologie qui parle au vétérinaire. Voir aussi l'hygiène dentaire du chat.
Ce que l'on note chaque jour (et chaque semaine)
Une bouche douloureuse évolue par vagues : le suivi quotidien sert à repérer ces vagues avant qu'elles ne fassent chuter le poids.
- Appétit : ration réellement consommée, texture acceptée (pâtée, croquettes ramollies), temps passé à manger, refus complet. Croisez avec le suivi de la perte d'appétit.
- Salivation : présente ou non, abondante, sang visible sur le coussin ou les gamelles.
- Confort : toilettage, jeu, câlins acceptés ou fuite quand on approche la tête — une échelle de douleur simple rend les journées comparables.
- Poids : une pesée hebdomadaire sur la même balance suffit pour voir une tendance.
- Photos : une image de la bouche à intervalles réguliers, toujours dans la même lumière, si votre chat l'accepte sans forcer.
Dans Pawtoun, ces relevés se saisissent en quelques secondes et se compilent en courbes.
Traitements au long cours et rendez-vous vétérinaires
La prise en charge s'étale souvent sur des mois : anti-inflammatoires, antalgiques, soins de bouche, détartrage ou extractions décidés par le vétérinaire. Le suivi consiste à tracer ce qui a été donné, à quelle date, et ce qui a changé ensuite — c'est ce qui permet d'ajuster sans repartir de zéro à chaque consultation. Enregistrez chaque prise, les oublis (ils arrivent, notez-les honnêtement), les effets observés dans les jours suivants et les dates de contrôle. Relisez la posologie avec ce guide sur l'ordonnance plutôt que de deviner. Avant le rendez-vous, exportez un récapitulatif : courbe de poids, jours sans manger, épisodes de salivation, photos datées. Contactez le vétérinaire sans attendre si votre chat ne mange plus du tout depuis plus de 24 heures, salive en continu, saigne, ou reste prostré. Voir aussi préparer la consultation.
Une maladie très douloureuse
La gingivostomatite chronique touche 3 à 5 % des chats selon Cornell (de 0,7 à 12 % selon les études). Ses signes : une douleur buccale apparemment extrême, des gencives gonflées, ulcérées et qui saignent, un chat qui a faim mais n’arrive pas à manger, une perte de poids, une salivation excessive parfois teintée de sang, une mauvaise haleine, un chat qui se gratte la bouche avec la patte. Sans traitement, la douleur peut devenir telle que le chat ne mange plus du tout (Cornell). Pesez-le régulièrement et notez son appétit dans Pawtoun.
Le rôle des virus
Certains cas sont associés à une infection persistante par le calicivirus ou au FIV (International Cat Care), mais ce lien reste mal compris. Dans une étude de 2017, 60 % des chats atteints portaient le calicivirus, contre 24 % des chats témoins.
Le traitement par extraction des dents
Selon Cornell, après l’extraction des dents, environ 60 % des chats n’ont plus besoin d’aucun traitement et retrouvent une très bonne qualité de vie. Une revue des études montre des chiffres variables : de 60 % à 28 % de guérison complète selon les études, beaucoup d’autres chats étant nettement améliorés. Un repère à noter : les chats dont le comportement était redevenu normal au premier contrôle après l’opération avaient 7 fois plus de chances d’évolution favorable.
Pour le brossage, les avis divergent : Cornell le déconseille fortement pendant la maladie, car il est très douloureux ; VCA l’intègre aux soins à domicile. Suivez l’avis de votre vétérinaire (voir l’hygiène dentaire du chat).
Suivez la bouche de votre chat sans rien oublier
Avec Pawtoun, notez appétit, salivation, poids, photos et traitements de votre chat, puis générez un rapport clair pour le vétérinaire — gratuit pour le premier animal.
Créer le carnet de mon chatQuestions fréquentes
Puis-je brosser les dents d'un chat en pleine crise de stomatite ?
Non, pas sans avis vétérinaire : la bouche est très douloureuse et le brossage peut aggraver l'inflammation et casser la relation de confiance. Demandez à votre vétérinaire quand et comment reprendre les soins de bouche.
Faut-il changer l'alimentation de mon chat ?
Beaucoup de chats acceptent mieux une nourriture humide ou des croquettes ramollies quand la bouche fait mal, mais tout changement se discute avec le vétérinaire. Notez simplement ce qui est accepté ou refusé chaque jour.
Mon chat a maigri : est-ce lié à sa bouche ?
La douleur buccale peut réduire la prise alimentaire, mais d'autres causes existent chez le chat. Pesez chaque semaine, notez la tendance et transmettez-la à votre vétérinaire, qui décidera des examens nécessaires.
La gingivostomatite du chat est-elle fréquente ?
Elle touche environ 3 à 5 % des chats selon Cornell. Elle est très douloureuse et peut empêcher le chat de manger.
Faut-il arracher les dents d’un chat atteint de stomatite ?
C’est souvent le traitement proposé : selon Cornell, environ 60 % des chats n’ont ensuite plus besoin de traitement. Les résultats varient selon les études.
Sources et repères
- Cornell Feline Health Center — Gingivostomatitis
- Winer et al. (2016) — Traitement de la gingivostomatite chronique féline, revue systématique (PMC)
- Thomas et al. (2017) — Calicivirus et gingivostomatite chronique féline (PubMed)
- International Cat Care — Dental disease in cats
- VCA Animal Hospitals — Gingivitis and stomatitis in cats
Article rédigé par l’équipe Pawtoun à partir de ces recommandations, mis à jour le 10 octobre 2026. Il ne remplace pas l’avis de votre vétérinaire.
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis vétérinaire. Pour toute question de santé, consultez un professionnel. Pawtoun est un outil de suivi, pas un dispositif de diagnostic.