Crise d’épilepsie chez le chien : la reconnaître, réagir, et quoi noter
Une première crise est impressionnante. Savoir ce qui se passe, ce qu’il faut faire et ne pas faire, puis noter les bonnes informations, c’est déjà aider votre chien et son vétérinaire.
⚠️ Urgence : les situations qui n’attendent pas
Une crise qui se prolonge, plusieurs crises rapprochées, ou un chien qui ne reprend pas conscience entre deux crises nécessitent un vétérinaire immédiatement. Cette page ne remplace pas un examen clinique.
Reconnaître une crise
Une crise généralisée typique se déroule en trois temps. Avant, certains chiens changent de comportement (agitation, besoin de contact, peur), parfois pendant des heures ou des jours : c’est le prodrome, à distinguer du début de la crise, qui ne dure que quelques secondes ou minutes (IVETF). Pendant, le chien se raidit, tombe sur le côté, pédale des pattes, salive, peut uriner ou déféquer ; il n’est pas conscient et ne réagit pas à son nom. Après, il est désorienté, titube, semble aveugle ou affamé, parfois pendant longtemps. Il existe aussi des crises partielles plus discrètes : tremblements d’une patte, mâchonnements, gobage de mouches imaginaires (ce dernier peut aussi avoir d’autres causes, d’où l’intérêt de filmer). Filmer un épisode aide beaucoup le vétérinaire à faire la différence avec une syncope ou un malaise d’une autre origine. Notre guide suivi de l’épilepsie du chien détaille ces formes.
Pendant la crise : faire et ne pas faire
- Faire : écarter meubles et objets, protéger des escaliers, baisser lumière et bruit, regarder l’heure et chronométrer, parler calmement.
- Ne pas faire : tenir la langue ou mettre les mains dans la gueule (le chien peut mordre sans le vouloir), le secouer, le porter pendant les convulsions, lui donner à boire ou à manger avant le retour complet à la normale.
- Après : le laisser récupérer au calme, lui proposer de l’eau une fois lucide, et noter tout ce que vous avez observé.
Pour la technique du chronométrage, lisez chronométrer une crise d’épilepsie.
Noter pour que le vétérinaire puisse agir
Le diagnostic et l’ajustement du traitement reposent sur l’historique : date et heure, durée des convulsions, durée de la récupération, ce qui s’est passé dans les heures précédentes (repas, chaleur, excitation, oubli de comprimé), et le nombre de crises par mois. Tenez ce journal dès la première crise, même si le vétérinaire ne prescrit pas encore de traitement. Dans Pawtoun, le suivi épilepsie réunit chronomètre, journal des crises, déclencheurs et suivi du traitement, avec un rapport à partager avant chaque consultation. Voyez aussi le journal des crises.
Après la crise : observer et noter
Une fois le calme revenu, laissez votre chien récupérer et notez la durée, l’aspect et le temps de récupération. Ces éléments alimentent votre journal des crises, précieux pour votre vétérinaire.
Quand appeler en urgence
Appelez sans attendre si la crise se prolonge, se répète, ou si votre chien ne reprend pas conscience entre deux épisodes. En cas de doute sur une urgence, consultez notre guide urgence chez le chien : que faire.
Le repère des 5 minutes
Il y a état de mal épileptique si une crise dure plus de 5 minutes, ou si le chien enchaîne deux crises ou plus sans retrouver complètement conscience entre elles (IVETF). Une crise qui dépasse 5 minutes a toutes les chances de se prolonger ; après 30 minutes, des lésions durables du cerveau peuvent apparaître, et la mortalité de l’état de mal chez l’animal est de 25 à 38 % (ACVIM 2024).
La PDSA donne deux seuils d’appel selon ses fiches : appeler le vétérinaire dès 2 minutes de convulsions ou en cas de plus d’une crise en 24 heures (fiche de 2020), ou au-delà de 5 minutes (fiche de 2018). Retenez le plus prudent. Les crises en série (au moins deux crises en 24 heures selon l’IVETF) imposent d’appeler dans la journée, même si le chien semble rétabli entre-temps. Voir le suivi de l’épilepsie.
Garder au frais, ne pas retenir
- Ne couvrez pas le chien : il peut surchauffer pendant une crise (PDSA). Dans une étude sur 93 chiens hospitalisés pour état de mal ou crises en série, 37 % avaient de l’hyperthermie à l’arrivée, et elle était associée à un moins bon pronostic (Turin, 2020).
- Ne cherchez pas à le retenir : vous pourriez le blesser ou être blessé (PDSA).
- N’approchez pas la gueule : il peut mordre sans le vouloir (PDSA).
- Évitez de le transporter pendant la crise, sauf avis du vétérinaire (PDSA).
Aucune source vérifiée ne détaille de refroidissement actif à faire soi-même : en cas de doute, appelez. Voir urgence chez le chien.
Après la crise, et si c’est la première
- La phase qui suit peut durer de quelques minutes à plusieurs heures, voire des jours : désorientation, cécité passagère, parfois agressivité (IVETF). Soyez prudent avec les enfants.
- Appelez le vétérinaire même si le chien semble guéri (PDSA).
- Une première crise fait penser à une intoxication : dans une étude citée par l’IVETF, elles représentaient 39 % des crises réactives, et un chien intoxiqué avait 2,7 fois plus de risque d’arriver en état de mal. La PDSA cite la caféine, le chocolat et les appâts à limaces (voir mon chien a mangé du chocolat).
- L’épilepsie idiopathique débute le plus souvent entre 6 mois et 6 ans (PDSA, IVETF) ; en dehors de cette fenêtre, le vétérinaire cherche d’abord une autre cause.
Un suivi épilepsie complet, dans la poche
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Créer mon carnetQuestions fréquentes
Mon chien souffre-t-il pendant la crise ?
Pendant une crise généralisée, le chien est inconscient et ne se rend probablement pas compte de ce qui lui arrive (PDSA). La phase de récupération peut en revanche être anxiogène : restez calme et présent.
Une seule crise signifie-t-elle que mon chien est épileptique ?
Non. Une crise peut avoir de nombreuses causes. C’est le vétérinaire qui, après examen et parfois analyses, posera le diagnostic et décidera d’un éventuel traitement.
Faut-il arrêter le traitement si les crises disparaissent ?
Jamais sans avis vétérinaire. Un arrêt brutal peut déclencher des crises graves. Toute modification se fait sous contrôle du vétérinaire.
Dois-je mettre quelque chose dans la gueule de mon chien ?
Non, jamais. Vous risqueriez une morsure involontaire (PDSA). Gardez vos mains à distance.
Combien de temps avant de m’inquiéter ?
Une crise qui dure plus de 5 minutes, ou deux crises sans réveil complet entre elles, est une urgence (IVETF) ; la PDSA conseille d’appeler dès 2 minutes. En cas de doute, appelez votre vétérinaire sans attendre.
Que faire une fois la crise terminée ?
Laissez votre chien récupérer au calme, puis notez la durée et vos observations pour votre vétérinaire.
À partir de quand une crise est-elle une urgence absolue ?
Au-delà de 5 minutes, ou si le chien enchaîne deux crises sans reprendre conscience : c’est un état de mal (IVETF). La PDSA conseille d’appeler dès 2 minutes de convulsions.
Pourquoi le chien semble-t-il perdu après la crise ?
La phase qui suit peut durer des heures, voire des jours : désorientation, cécité passagère, parfois agressivité (IVETF). Laissez-le au calme et informez le vétérinaire.
Sources et repères
- IVETF — consensus sur la définition et la classification de l’épilepsie (Berendt et al., BMC Veterinary Research, 2015)
- Consensus ACVIM 2024 — état de mal épileptique et crises en série chez le chien et le chat (Charalambous et al., J Vet Intern Med)
- PDSA — First aid for fits/seizures in pets (fiche PDF, 2020)
- PDSA — Seizures in dogs (fiche PDF, 2018)
- Analysis of early assessable risk factors for poor outcome in dogs with cluster seizures and status epilepticus (Front Vet Sci, 2020, Université de Turin)
- IVETF — consensus sur l’approche diagnostique de l’épilepsie du chien (De Risio et al., BMC Veterinary Research, 2015)
Article rédigé par l’équipe Pawtoun à partir de ces recommandations, mis à jour le 19 octobre 2026. Il ne remplace pas l’avis de votre vétérinaire.
Cet article a une vocation informative et ne remplace en aucun cas un avis vétérinaire. En cas d'urgence, contactez immédiatement un vétérinaire. Pawtoun est un outil de suivi, pas un dispositif médical.